C’est le Shock dans le monde de la sécurité informatique !

Par Maxime de Jabrun.

Shellshock la dernière vulnérabilité critique qui a été découverte dans l’interpréteur de commande Bash. L’outil, disponible majoritairement depuis une vingtaine d’années dans les systèmes d’exploitation Unix, existe également sur OS X et Windows (par le biais de CygWin).

Bash est largement répandu dans le domaine d’Internet, notamment sur les serveurs WEB, DHCP et SSH. On estime à 500 millions le nombre d’équipements potentiellement impactés par cette vulnérabilité. Cette forte présence et les impacts liés à l’exploitation de la vulnérabilité (intrusion, vol d’information…) en font une vulnérabilité de niveau de criticité maximal.

En effet, la vulnérabilité ShellShock permet à un attaquant ayant la capacité de modifier des variables d’environnement d’exécuter du code à distance lors du lancement du Shell Bash. La prise de contrôle à distance de l’équipement cible ou l’accès à des informations confidentielles sont entre autres les impacts potentiels de l’exploitation de ShellShock.

Les experts en sécurité la considèrent comme plus critique que la faille Hearthbleed qui a touché OpenSSL il y a quelques mois. Effectivement les entreprises auront beaucoup de mal pour sécuriser la faille puisque le logiciel Bash fait partie intégrante des environnements de production sur lesquels il sera très difficile d’agir en urgence. De plus de nombreuses applications peuvent faire appel à Bash pour certains traitements sans même que les administrateurs ne le sachent. Il est donc très difficile de corriger une vulnérabilité lorsque l’on ne connait pas son existence.

Avant de se lancer dans la mise à jour d’équipements vulnérables, il est nécessaire d’évaluer si le risque existe en commençant par répertorier les vulnérabilités . Mettre à jour les équipements ou les systèmes d’exploitation touchés avec les correctifs des éditeurs n’est cependant pas toujours suffisant, car la version corrigée de Bash présente potentiellement d’autres vulnérabilités. Il faudra également prévoir des mesures supplémentaires de protection telles que de la détection ou de la prévention d’intrusion.

La découverte de cette vulnérabilité a permis aux chercheurs d’analyser un peu plus en profondeur le code de Bash, et les récentes découvertes ne sont pas encourageantes : plusieurs autres vulnérabilités seraient présentes dans le shell. ShellShock cacherait-il une boite de Pandore ?